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Civilisés ou barbares, bons sauvages ou dangereux
cannibales, premier des derniers peuples ou dernier des
peuples premiers, jardiniers talentueux de la forêt primaire
ou primitifs perdus dans une jungle inhospitalière,
écologistes avant-gardistes ou éco-guerriers décroissants de
l’ère de la bougie, modèles d’avenir ou vestiges de la
préhistoire, chacun y va de son avis… Difficile, d’un seul
coup, de jeter aux oubliettes de l’histoire des vainqueurs,
une pensée essentialiste et binaire, forgée d’une main de
fer – contre hache de pierre – lentement mais sûrement par
des siècles de domination, d’évangélisation et
d’occidentalisation. D’immersion douce et de métissage
aussi, plus rarement cependant. Nul doute que sur la longue
liste des peuples sacrifiés par l’histoire, les Papous – à
commencer par ceux d’Indonésie – figurent en bonne place
pour prétendre devenir de parfaits martyres des causes
perdues. Les populations papoues ont en effet depuis belle
lurette fait les frais de politiques dévastatrices
successives. Ceux que nous appelons les « 3 M » –
c’est-à-dire les Missionnaires, les Militaires, les
Marchands – se sont rapidement empressés de faire « main
basse » sur la Papouasie. Au fil des siècles, et surtout du
sanglant XXe, les Papous ont ainsi subi un triple « cide »
destructeur et l’on ne peut qu’être étonné de constater qu’à
l’issue de cette entreprise de démolition – où la fin
annoncée semblait acquise sinon assurée – certains Papous
soient toujours debout et continuent tant bien que mal à
résister. Il n’est pas aisé de survivre au triple « cide » :
ethnocide (destruction de la communauté), écocide
(destruction de l’environnement), égocide
(destruction de l’identité). Des peuples entiers – pensez
aux Alakalufs et autres Tasmaniens par exemple – ont été
ainsi rayés de la carte. Mais si les gens ont réellement
disparu, leurs territoires, eux, ont été récupérés,
exploités, rentabilisés. En quelque sorte, les Papous sont
des survivants…
Entre attirance et rejet, admiration et mépris, les Papous
ont, à toute époque, nourri l'imaginaire occidental,
renvoyant les contemporains des zones tempérées autant à
leur culpabilité légendaire qu’à leur soif inépuisable d’or
et d’exotisme. Incapables, bon gré mal gré, de laisser
indifférents ceux qui un jour ont côtoyé cette altérité
radicale de ce bout du monde, les Papous font
indiscutablement de l’effet aux visiteurs venus – de si loin
– les contempler – de si près – au risque pour ces derniers
de mettre à mal nombre de certitudes, tellement pratiques et
si bien ancrées, sur ces « authentiques populations
traditionnelles ». Cela dit, pour les autochtones aussi, un
monde peut en cacher un autre. A l’heure des doutes et des
reniements, des annonces erronées et précipitées de la « fin
de l’histoire » et du « choc des civilisations »,
l’Occident, avec l’aide de l’Asie triomphante et des classes
émergentes partout ailleurs, se devait de « revisiter » ces
sociétés à l’aune d’une mondialisation de plus en plus
malheureuse. Le tourisme international forme et constitue la
main d’œuvre volontaire de cette caste d’éclaireurs en
marche vers un « nouveau nouveau monde » (oui, il y a
bien deux fois « nouveau »), pour reprendre l’heureuse
expression de l’anthropologue Georges Balandier. Pour
l’heure, les touristes encore épargnés par la crise actuelle
se dépêchent donc de « voir », à défaut de mieux chercher à
savoir, l’état des lieux des derniers représentants d’un
monde inexorablement voué à la disparition. Et, pour
l’Histoire presque autant que pour les affaires, les ultimes
témoignages ne sont-ils pas les plus précieux ?
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Jeunes hommes korowai portant le deuil lors d’une
cérémonie religieuse. |
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Bref retour au passé en oubliant néanmoins la préhistoire…
Après un premier débarquement en 1828, les Hollandais
s’installent véritablement en Nouvelle-Guinée occidentale à
partir de 1898, avant que la province ne devienne dans les
années 1920, pour les colonisateurs européens, un lieu
d’internement des nationalistes indonésiens… La République
d’Indonésie est proclamée le 17 août 1945, mais c’est
seulement en 1949 que les Pays-Bas transfèrent
officiellement la souveraineté du territoire des Indes
néerlandaises au gouvernement indonésien indépendant. A ce
moment, la « Nouvelle-Guinée Occidentale » n'est pas inclue
dans l'accord, source de conflits – diplomatiques,
militaires, mais aussi terminologiques – dans les décennies
à venir : le terme officiel Irian Jaya ou Irian Barat (en
1969, la Nouvelle-Guinée-Néerlandaise est rebaptisée Irian
Occidental ou Irian Barat en indonésien ; en 1971 le nom est
devenu Irian Jaya ou le « Grand » Irian) contribue à asseoir
la souveraineté indonésienne et reste pour nombre de Papous
le symbole de l’occupation « étrangère ». La Nouvelle-Guinée
Occidentale (appellation certainement la plus objective à ce
jour) a été rattachée officiellement à la République
indonésienne en 1969, après un référendum plutôt frauduleux
(avec l’accord des Nations Unies, les votants sont 1054
chefs locaux triés sur le volet, qui votent pour le maintien
dans l'Indonésie), survenant à une période transitoire où le
destin des Papous fut déjà scellé en mai 1963 lorsque la
communauté internationale a autorisé de facto le
rattachement de la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée
à l’Indonésie. Depuis lors s’étend le long conflit entre
l'armée indonésienne et l’Organisation pour la libération de
la Papouasie (ou OPM, Organisasi Papua Merdeka)...
Devant la crainte larvée mais réelle d’une contagion des
rébellions séparatistes dans l’archipel, le gouvernement
indonésien renforce ses troupes en Papouasie, jetant ainsi
encore un peu plus d’huile sur le feu : la figure de proue
du mouvement indépendantiste papou, Theys Eluay, est
assassiné par les forces spéciales indonésiennes en novembre
2001. Les confrontations entre militants papous et soldats
indonésiens se multiplient, comme l’ont encore illustrées
les violentes répressions faisant suite aux manifestations
de mars puis juillet 2006, et durant les étés 2010 et 2011
notamment.
Pendant que les Indonésiens regardent vers d’autres cieux,
que la communauté internationale se moque allègrement du
sort des autochtones et que les multinationales
s’engraissent sur leur dos, le carnage continue ses ravages
à Papua. Mais l’histoire, pardons l’Histoire, elle aussi
poursuit son bonhomme de chemin. Les printemps ne sont pas
éternellement arabes, ils peuvent un jour être papous,
aborigènes, pygmées, yanomamis et autres. Un jour, de Tunis
à Jayapura, du désert aride pourrait bien pousser une forêt
dense…
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Couple dani occupé à la « fabrique » du sel
à l’aide de bananiers plongés dans un lac de
montagne. |
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Regards sur quelques populations autochtones de Papua
Les Dani et les Lani
Résidant dans la vallée de Baliem, explorée dès 1938, les
Dani constituent le groupe ethnique papou le plus connu des
Occidentaux. Comptabilisant environ 110 000 membres, ils
cultivent le taro et la patate douce (ubi) et
pratiquent l’élevage. Ils habitent dans des hameaux
clôturés, formés à partir de quelques huttes rondes et
sommaires, appelés honai. Si la hache à lame de
pierre a quasiment disparu au profit d’outils plus efficaces
en métal, leur mode de vie reste ancestral, tout comme leurs
habitudes « vestimentaires » : étuis péniens pour les hommes
(« gourdes à pénis », nommées en langue dani horim,
mais l’appellation la plus courante est koteka, un
terme originaire de l’ethnie Ekari), jupes courtes en fibres
végétales pour les femmes. Au nombre de 130 000 âmes,
voisins et souvent assimilés aux Dani (on les appelle
d’ailleurs les « Dani de l’Ouest » du fait qu’ils vivent
surtout à l’ouest de la vallée de Baliem), les Lani
défendent leurs spécificités : installation sur des terres
plus abruptes et plus élevées, langue distincte et
différences dans l’habillement, y compris dans le port des
étuis péniens.
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Non loin de Wamena, dans la vallée de Baliem,
deux exemples de fêtes collectives papoues. |
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Les Yali
Voisins plus éloignés des Dali et Lani, réfugiés dans les
montagnes du sud-est de Wamena, les Yali sont restés isolés
plus longtemps, même si Kosarek est aujourd’hui un village
traditionnel yali traversé et visité par de rares groupes de
marcheurs, parfois conviés à un festin à base de cochon
sauvage grillé ! Le terme « yali » provient du dani
« yali-mo » qui signifie « les terres vers l’est ».
Rassemblant une population autour de 35 000 personnes, les
Yali portent une tunique et une koteka typique,
parfois des os naseaux, qui les distinguent des Dani et Lani
qui vivent plus bas. Leur environnement naturel est plus
difficile et, fiers guerriers par ailleurs, ils se voient
contraints de vivre chichement de la pratique de
l’agriculture sur brûlis.
Les Asmat
Les Asmat sont des semi-nomades qui vivent dans la partie
sud de Papua, dans les marais qui bordent la mer d’Arafura.
Au nombre approximatif de 70 000 âmes, ils sont célèbres
pour leur art et surtout pour leurs riches sculptures en
bois, dont les plus belles pièces attirent les
collectionneurs et alimentent les galeries de New York et de
Paris, sans oublier un marché international de l’art
particulièrement friands ces temps-ci d’arts dits premiers.
Les Asmat sont d’anciens chasseurs de têtes dont la
réputation n’est plus à faire : le doute subsiste toujours
sur le sort réservé à Michael Rockefeller, disparu (noyé ?)
en 1961, la légende le mettant en scène comme ayant été
dévoré par les cannibales… « Nés du bois », comme ils se
décrivent eux-mêmes, les Asmat occupent la région
méridionale d’Agats – où se trouve également un intéressant
musée – et vivent dans de longues maisons dont la longueur
peut atteindre 60 mètres. Le jeu, ou maison des
hommes, revêt une importance primordiale dans la cohésion
sociale au sein de la communauté, avec des rites
d’initiation qui confèrent aux adolescents leur place
d’homme, de guerrier et de chasseur dans le village. Ce lieu
sacré joue aussi un rôle essentiel dans la vie politique et
religieuse du village. Les cérémonies s’y déroulent et les
décisions importantes y sont prises, et l’accès est interdit
aux femmes…
Les Korowai
Les nomades Korowai, un sous-groupe Asmat de moins de 5000
personnes qui vit au cœur de la forêt et de marécages, à
l’ouest du village de Yaniruma et entre les deux fleuves
Becking et Eilanden, sont restés à l’écart des
« prédateurs » (les prospecteurs de mines, les exploiteurs
forestiers, et même les missionnaires). Ici pas d’or à
chercher seulement des marais à sagoutiers infestés de
moustiques ! D’ailleurs, en aval de la Becking, les Mandovo
racontent que les Korowai portent une longue queue comme les
crocodiles ! A la fois rude et simple, le mode de vie des
Korowai n’a guère changé au fil des dernières années, en
dépit de la récente intrusion d’une certaine forme d’ethnotourisme
pour le moins discutable et d’une réelle présence
missionnaire. Il est vrai que les Korowai, encore plus que
leurs voisins Kombai, sont réputés pour leur farouche
résistance à toute incursion étrangère. La fête du sagou, ce
dernier étant l’aliment de base pour toute la communauté,
cimente toujours les liens entre clans rivaux, et les
maisons dans les arbres – perchées parfois à plus de 30
mètres du sol ! – représentent la forme d’habitat
traditionnel encore en usage.
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Maisons traditionnelles des Korowai, plus ou moins
hautes ou élancées vers le ciel… |
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En pays korowai, travail des hommes (en
train de dévider un palmier sagoutier) et
travail des femmes (en train de battre le
sagou pour le réduire en miettes, pour
ensuite en extraire de la farine de sagou,
nourriture de base des populations papoues
vivant dans les marais). Les enfants aussi
participent aux divers travaux agricoles,
comme ceux de chasse ou de pêche, mais ce
sont les femmes qui, en général,
s’acquittent de toutes les tâches les plus
ingrates. Heureusement, ce travail harassant
ne s’inscrit pas dans un quelconque
taylorisme ou fordisme, ce qui laisse
quotidiennement beaucoup de temps libre pour
d’autres activités, comme par exemple passer
du temps à rigoler avec les enfants. Une
pratique naturelle plus tellement courante
en Occident… |
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Lire pour mieux comprendre,
s’informer pour mieux visiter
Pour terminer cette petite promenade en terre papoue,
évoquons quatre récits palpitants, dont trois romans plus
vrais que nature, pour lesquels la scène centrale est la
Papouasie, avec ses mœurs et coutumes, ses habitants et
leurs mystères. La littérature porte en elle (vertu qu’elle
partage avec le cinéma) le don de confronter l’ici et
l’ailleurs comme pour mieux titiller notre besoin d’exotisme
et nos désirs d’ailleurs. L'écrivain italien Corrado Ruggeri
compare ainsi le koteka (le trop fameux étui pénien)
des Papous à la cravate des Occidentaux, du fait qu'il « permet
à ces messieurs de donner libre cours à leur fantaisie en
matière d'esthétique ». Les koteka, fabriqués à
partir de courges séchées, sont de toutes tailles, énormes
ou minuscules, droits ou tordus. A chacun ses goûts. Ils
peuvent être modestes (Dani), plus longs (Yali), et parfois
gigantesques (Lani), question finalement de style mais aussi
d’appréciation personnelle. Ce qui est sûr, c'est que le
koteka représente un symbole culturel local fondamental,
et « aussi la marchandise la plus prisée des touristes.
De fait, dès que vous parvenez à vous échapper de la cabane
de l'aéroport toujours pleine de monde, vous tombez sur des
hommes portant un koteka et vendant des koteka. Pour une
somme dérisoire vous pouvez vous en acheter tout un lot que
vous offrirez à un groupe de copains ». Bref, avec la
hache de pierre, l'étui pénien est bien l'objet exotique par
excellence qui prouve l'altérité radicale entre « eux » et
« nous ». Cela rassure toujours ceux qui doutent. Ces deux
objets constituent donc autant de clichés que de souvenirs
prisés.
Dans le roman La faille,
Jørn Riel, romancier plus connu pour ses
jolies fresques du Grand Nord, s’interroge – et s’inquiète –
à sa manière sur l’éventuel développement touristique qui
pourrait embraser Papua : « 'Foutu touriste',
bougonna-t-il soudain. Madé, qui s'était assise sur
l'escalier, le dos contre un pilier, pensa à son île natale,
Bali, où, durant le temps qu'elle y avait vécu, elle avait
vu croître continuellement le flot de touristes. Elle ne
pouvait s'imaginer que Baliem devienne un jour comme Bali.
'Ici, il ne viendra jamais beaucoup de monde, dit-elle. A
Bali et à Lombok, il y a tant de choses à voir.' Horton
secoua la tête. 'Comment ça! Mais ils viendront, oui, c'est
sûr! C'est fichtrement intéressant par ici! Où d'autre
peut-on se gaver les yeux d'authentiques sauvages? Rien à
voir, tu crois ça, toi? Tu parles, ma petite Madé! Nom de
dieu, mais ici on va leur servir l'âge de pierre juste
devant l'hôtel. Fini, les misérables chambres d'hôtes de la
mission! Non, non, faudra de beaux hôtels de luxe, mon cœur,
avec cuisine française et tout le saint-frusquin. Et un
avion par jour, réglé comme une horloge. Non mais quoi? Du
XXe siècle à l'âge de pierre, en moins de deux heures! Venez
voir le cannibale avant qu'il ait fini de bouffer. Venez
vivre la guerre, qui s'arrête quand il pleut. Sans compter
qu'il faudra tout agrandir. Construire de nouveaux hôtels,
faire des routes d'un bout à l'autre de la vallée, un
hôpital, ah oui, nom d'un chien! Un nouvel hôpital. Et je
vais être obligé de travailler, bon dieu, je ne pourrai plus
me la couler douce. Parce que les touristes, ma fille, ils
se chopent toutes sortes de maladies, ou alors ils en
inventent ». Soyons tout de même rassurés : Papua est
encore très loin de concurrencer Bali. Et même si le train
est en marche, ce ne sera pas pour demain. Dans ce coin et
pour le moment, l’instabilité chronique est au moins la
garante d’une certaine tranquillité… A défaut d’être un gage
d’autonomie.
Il n’empêche que même si le tourisme reste embryonnaire, il
se nourrit déjà – cannibalisme sans doute oblige – de
clichés éculés et de commercialisation douteuse, le tout ici
joliment mis en mots par Stéphane Dovert dans Le
cannibale et les termites : « - Moi la tradition de
ces gens, elle me fait un peu froid dans le dos... La
retraitée ne parvenait pas à chasser de son esprit l'image
d'un explorateur tout de blanc vêtu plongé dans une marmite
géante au milieu d'une flotte de carottes et de navets. Elle
avait vu ça dans un film d'aventures en technicolor. C'était
il y a longtemps. - Tradisi bagus... reprit le Papou
en montrant le bouclier. - Qu'est-ce qu'il dit? demanda
Vanessa en se tournant vers Leonardus. - Il dit que la
tradition, c'est bien. - Et combien il le vend, son truc? ».
Hélas, si le Papou généralement fascine, le touriste, lui,
trop souvent, il radine. Mais c’est là une autre histoire.
Enfin, dans son récit de voyage déjà ancien, intitulé Les
Papous coupeurs de têtes. 167 jours dans la préhistoire
et publié en 1960, Tony Saulnier écrit :
« Notre
seul but : témoigner, avant qu'elle ne disparaisse, d'une
vie préservée et inconnue. Montrer aux hommes du vingtième
siècle les visages conservés vivants de leurs ancêtres. Il
y a 7000 ans, nous vivions comme on vit aujourd'hui au cœur
de la Nouvelle-Guinée. Nous ne sommes pas partis pour
ramener des échantillons de pierres ou de végétaux, pour
étudier des langues inconnues, mortes ou vivantes. Nous
sommes au seuil de ce pays mystérieux avec des caméras, des
appareils photos, des magnétophones. Nous allons voir. Nous
ouvrons simplement le chemin ». De nos jours, lorsque
nos pas foulerons la terre désormais bien connue des Papous,
gardons-nous de ne point souiller les chemins forestiers si
préservés et de ne pas entraver les autochtones en lutte
pour retrouver leur difficile chemin vers la liberté. Leur
propre voie/voix trop longtemps confisquée. |
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